Quand j'entends parler de transition énergétique je suis soudain transi de froid et d'effroi.

Nos politiciens qui guignent les suffrages des écologistes seraient bien inspirés de changer de vocabulaire. Les uns et les autres semblent ignorer qu'en bon vieux français le verbe transir signifie mourir et que la transition n'est guère qu'une agonie.

 

Ce n'est pas la perspective d'une transition, ne fût elle qu'énergétique, qui pourra capter les suffrages des gens éclairés, jeunes ou vieux.

Ainsi va l'homme à travers les âges, en attendant de souffler la chandelle, il la brûle par les deux bouts. Il vit entre ces deux feux que sont la sempiternelle promesse de l'extinction du paupérisme et la menace de l'imminente extinction de l'humanité et de la planète qui la porte.

Il semblerait plus utile à l'homme de conduire sa vie sur la base de quelques idées moins fumeuses.

On pouvait espérer que l'année écoulée allait contribuer à sortir nos louveteaux politiques de leur noviciat. Ils savent sans doute maintenant qu'il est moins facile de gouverner que de se faire élire. Mais ils ne savent pas encore quand ni comment prendre les choses et les gens

Le pouvoir se sent menacé par un complot ourdi par une nouvelle vague de « dégagistes ». Faut-il s'étonner que les relégués ne songent qu'à supplanter ou neutraliser les nouveaux tenanciers des principales institutions de la République ?

En leur ensemble les citoyens adhèrent à la louable intention de combattre la surchauffe du frêle esquif qui nous emporte. Cette adhésion est souvent annihilée par l'impréparation, l'irréalisme, l'incohérence des actions engagées ou annoncées.

Un premier train de mesures visant à rafraîchir le climat vient de donner une étrange fièvre jaune à notre pays. Les néophytes du pouvoir ont ainsi appris ce que peut produire la routine quand les Ponctionnaires ne soupçonnent pas ou veulent oublier que leurs prélèvements frappent des êtres humains que d'autres mesures aveugles antérieures ont déjà mis en difficulté.

Après une série de confessions publiques pour obtenir la rémission de leurs péchés, voilà les grands prêtres de la réforme plombés par l'angoisse d'une rechute. Comment diable pourront-ils désormais affronter la fournaise ?

Ils avaient bien enfourné dans le cubilot de leurs promesses, la rénovation thermique de l'immobilier public et une aide à l'adaptation de l'habitat privé. Si l'on en croit les gazettes, la première se trouverait bloquée par le désaccord de la multitude des organismes pressentis pour leur financement. La deuxième se heurterait à la complexité des procédures pour obtenir des aides. Personne ne savait que l'enfer est pavé de bonnes intentions.

En y ajoutant les difficultés pour développer les énergie alternatives, d'aucuns commencent à se réjouir en secret de ne pas avoir précipité l'exécution de leur programme de démantèlement des centrales nucléaires.

Mais les sciences et techniques apportent souvent des possibilités inattendues par les profanes.

Bizarrerie de la rencontre des mots : En vieux français la profanation est un synonyme de la pollution. Et le profane est un pollueur !

Pierre Auguste

Le 2 octobre 2019

 

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