Depuis des temps immémoriaux, l'être humain est parfois soumis à diverses formes de confinement.

Le froid, le chaud, le sec, l'humidité, l'insalubrité, la maladie, le condamnent à garder la caverne ou la chambre.

 

Mais l'homme se lasse vite du confort routinier. Il se plaît à sortir pour s'aérer, prendre de l'exercice et du bon temps, pour chasser, s'approvisionner, s'instruire, explorer les espaces, courir le guilledou, sermonner ou trucider ses semblables.

Où qu'il soit et quoi qu'il fasse, il se lasse et se prend à rêver de revoir « de son petit village fumer la cheminée ».

L'homme est un animal grégaire. Il partage du travail, de la nourriture, des objets, des jeux, des activités culturelles. Il « se frotte et se lime la cervelle » contre celle d'autrui pour vivre selon d'autre préceptes, afin de savoir comment ailleurs on prie d'autres dieux selon d'autres rites.

Nul ne peut ignorer que depuis plus d'une année une pandémie inattendue bouleverse l'humanité entière.

On finit par se perdre dans le compte des malades et les morts. La médecine ne sait plus comment soigner tous les patients et cherche des médications d'urgence.

Les établissements de soins cherchent des lits et du personnel qu'une sage gestion prévisionnelle a mis en situation de pénurie.

Les pouvoirs politiques ne savent plus où donner de la tête qui est pourtant fort bien faite. Ils confinent les populations tantôt en leurs confins, tantôt en leur beau milieu.

Au siècle des relations publiques on cherche comment éradiquer les contacts dévastateurs. Les administrateurs régulent les mouvements des foules en multipliant les formulaires d'attestations de déplacement dérogatoire.

Les médias cherchent à la loupe avec le citoyen et croient cueillir à la volée les dérogations auxquelles il faudrait déroger avant de diffuser leur prochaine édition.

Bref, tout le monde court derrière les affaires courantes qui courent toujours plus vite.

Les candidats à la félicité éternelle se pressent dans l'actualité pour ne pas déroger à l'obligation du culte hebdomadaire. La morale du temps présent privilégie la spiritualisation immédiate de l'individu. La responsabilité de la spiralisation du risque de contamination collective est renvoyée à des jours meilleurs. Et laissée à la charge de Dieu.

Ainsi va notre machine ronde. Il lui manque un bon siège éjectable. Il faudra que j'en parle à son créateur.

 

Pierre Auguste

Le 18 novembre 2020