Matérialité du Virus

 

On veut confiner les anciens comme des fromages dans des caves obscures. Il s'agit sans doute de les affiner encore un peu avant de les donner à déguster par la vermine nécrophage qui, dit-on, a bon appétit.

 Je suis aussi d'un âge avancé. Contrairement aux jeunes gens dégourdis, je ne suis pas pressé de participer à la fête. Pour sauver l'humanité, je ne sors jamais sans les attributs de mon statut nouveau, ce dont personne ne semble se soucier, ni vouloir me féliciter.

 Que voudriez-vous que je fasse, seul sur mon étagère ? Eh bien, je gamberge.

 Je ne veux donner de leçons à personne. Mais je donnerai du fil à tordre à ceux qui se préoccupent plus de ma fin que de mes moyens de survivre. Je poserai des questions auxquelles je ne sais pas répondre. Conformément à mes habitudes, cela me donnera le plaisir de taquiner encore un peu ceux qui ont réponse à tout et peu d'initiatives durables ;

 Si le dieu de l'expérience existe, les décideurs sachant décider doivent commencer à comprendre que ce n'est pas pour leur donner du bon temps que les électeurs ont mis dans les têtes en cette vallée de larmes qu'est la politique.

 Que ces amis qui me veulent du bien se consolent et sèchent leurs pleurs. Ils doivent d'abord compter sur eux-mêmes pour consolider leur politique.

 Dans les ténèbres de leur « pédagogie » je n'ai pas su distinguer la différence qu'ils font entre une bactérie qui serait un être vivant et un virus qui ne serait que matière fugace dotée d'une vie variable.

 

Le rationaliste que j'essaie d'être, se perd un peu dans la nomenclature des êtres que tant de savants ont mis tant de temps à observer à décrire et à classer au cours des âges.

 N'en déplaise aux spécialistes, je crois y déceler les conséquence de l'extrême division du travail et du savoir perceptible par la pléthore d'experts cités à comparaître sur les « Plateaux de télévision » plus pour juger les savants que pour exposer leurs connaissances.

 Place au jeu difficile de trouver le plateau du haut duquel on parlera le mieux des soPlus sérieusement, il paraît dommage que les spécialistes consacrent de grands efforts à des secteurs trop étroits pour embrasser tout le champ utile de chaque virus.

 Pour exprimer ce doute je ferai remarquer qu'il existe des similitudes entre les substances constitutives des virus et des corps de matières bien connus des physiciens.

 Notamment, la thermodynamique a produit depuis longtemps un important corps de savoir nommé « Théorie Cinétique des Gaz ». Cette discipline décrit et quantifie les effets de la chaleur sur les gaz et pourrait sans doute éclairer certains comportements des virus qui sont sans doute constitués de matières ayant des propriétés variables apparentées à celles de nombreuses autres matières.

 On sait notamment que la chaleur induit une agitation des gaz, provoque des collisions entre les molécules dont on sait déterminer le « libre parcours moyen ».

On sait qu'un apport de chaleur produit d'abord une augmentation proportionnelle et linéaire de l'énergie mise en œuvre.

 On sait qu'au-delà de certains seuils d'apport énergétique, les molécules se mettent à tourner, puis à vibrer, puis à se dissocier.

 Les gaz ont leurs « complexions. » Pourquoi les virus, les savants et les confinés n'auraient-ils pas le droit d'avoir les leurs ?

 

 Pierre Auguste

Le 2 décembre, 2020