Conjoncture

Ils sont tous devenus fous.

 

Il faut aujourd'hui être sourd et aveugle pour ne pas admettre que l'humanité se plaît à vivre dans le tumulte, le bruit et la fureur. On vous objectera que le phénomène n'est pas nouveau et que le mal sera incurable tant que nous n'aurons pas, comme Érasme il y a cinq siècles, contre la déraison, lancé les forces de l'ironie.

Attention Danger ! La relativité est passée par là et les rapports de force ont changé. Gardez-vous bien de ne pas rajouter au mal de la phobie du parler vrai et ne pas trop agiter de nos jours l'épouvantail des argumentations du second degré. Le premier degré nous dépasse déjà un peu. Le texte d'Érasme eut de tous temps un grand succès mérité.

Cela lui valut de nombreuses éditions, des traductions en toutes langues, des adaptations de la syntaxe et du vocabulaire qui appellent à la circonspection quiconque veut se risquer à faire des exégèses, des extraits ou même de simples citations . Les puristes ne se fient qu'au texte original qui fut écrit en latin.

En nos temps de velléité d'éradication du cheval-vapeur, de la réforme de l'enseignement, et de nos jacqueries, les contradicteurs ont repris l'habitude de monter prestement sur leurs grands chevaux. Aux syndicats sont venus s'ajouter de véritables escadrons temporaires de cavalerie lourde ou légère, sans statuts, sans autre foi ni lois que celles qu'ils s'octroient eux-mêmes. De nos jours on ne s'étonne plus de rien. Ne voyons-nous pas se reconstituer sous nos yeux de véritable Escadrons d'Amazones partir en guerre pour féminiser l'univers en commençant par la syntaxe ?

Les dieux de l'olympe n'ont qu'à bien se tenir. Par la barbichette.

 

Pierre Auguste

Le 9 décembre 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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