Economie

Électricité Substitut du Pétrole Propulsif..

2 La Batterie est en Danger

 

Nul n'ignore que l'énergie peut prendre diverses formes . Chacune est plus ou moins utilisable par l'homme pour satisfaire des besoins plus ou moins personnels, plus ou moins vitaux.

 Partout, le roseau pensant a appris depuis longtemps à utiliser les propriétés de la chaleur pour plus de confort et mieux se nourrir, la force de l'eau et la force du vent du vent pour moins et mieux travailler, se déplacer plus vite et plus commodément.

 L'énergie a lentement contribué à affranchir les esclaves. Elle a aussi, en quelque, sorte affranchi, mais plus lentement encore, les maîtres de cette tâche autrement fastidieuse qui consiste à faire travailler autrui !

 L'énergie électrique est souple d'emploi. Trois de ses caractéristiques en compliquent ou interdisent certaines de ses applications :

  • Toute l'énergie électrique produite par un réseau au doit être a chaque instant égale à l'énergie consommée ;

  • L'énergie électrique n'est transportable sans danger, en grande quantité et à grande distance que par conduction par des circuits et des réseaux protégés.( voie filaire, caténaires et bientôt les stations ponctuelles de recharge des batteries au terminus des lignes d'autobus.. ;) 

  • L'énergie électrique est peu stockable et ne peut être embarquée en l'état, elle doit être convertie en une autre forme d'énergie par une transformation réversible. (Cinétique, potentielle, mécanique, volant d'inertie, pompage hydraulique pour relever le niveau d' eau de barrages, accumulation thermique, énergie chimique...).

L'avenir des véhicules automobiles électriques est donc dépendant du développement des batteries. Et les batteries manquent toujours de capacité pour des voyages à grande distance, lesquels nécessitent l'emport d'une énergie pondéreuse qui ne peut être chargée en mouvement.

 Certes les progrès déjà obtenus ont permis un début de commercialisation de ce type de propulsion. Mais force est de constater qu'une circonspection générale inhibe les principaux acteurs en présence.

 Avant de renoncer à leurs acquis et de procéder à de coûteux investissements, les constructeurs attendent les engouements des consommateurs et les prises de position et garanties des pouvoirs publics.

 Avant de changer leurs habitudes, les consommateurs attendent que leurs besoins soient mieux satisfaits et que d'autres prennent le risque d'adopter des techniques non encore éprouvées.

 Avant d'annoncer aux automobilistes les nouvelles règles du jeu, les fabricants d'automobiles et leurs équipementiers sous-traitants, les producteurs et distributeurs d'électricité, et les systèmes bancaires se préparent déjà à placer leurs entonnoirs pour capter leur part de la manne financière nouvelle dont le montant est encore inconnu.

 Avant de prendre les décisions relatives à l'industrialisation et aux flux financiers correspondants, les pouvoirs publics cherchent à garantir la sûreté des approvisionnements, et à programmer les transitions fiscales qui permettront de conserver les ressources fiscales procurées par les carburants.

 Plus que jamais les affaires privées ou publiques doivent être conduites en avenir incertain.

 Plus que jamais la propulsion électrique des automobiles est à la remorque des batteries qui ont encore des progrès à faire pour satisfaire une large part des besoins. Ces nouvelles techniques sont assujettie aux ressources mondiales de matériaux rares qu'il n'est pas opportun d'énumérer et de présenter ici.

 Chacun sait que les ressources nouvelles exacerbent les concurrences entre nations reconnues et suscitent des convoitises qui fracturent et opposent dangereusement les peuples.

En ce monde ouvert, bavard et belliqueux, plus que jamais la discrétion est une paradoxale exigence démocratique.

 Plus que jamais semble être suivi par l'administration de notre fier pays le conseil du César de Pagnol, adressé à son fils embarqué sur un bateau océanographique :

« Et quand ça devient trop profond, laisse un peu mesurer les autres. »

 

Pierre Auguste

Le 21 octobre 2020

 

À suivre