Energie

Relance

 

Cette fichue pandémie ravageuse qui nous obsède semble avoir eu une vertu. Elle a effrayé les dirigeants Européens qui ont senti la situation économique leur filer dans les doigts comme du mauvais coton.

 Ils ont signé un accord de relance qui est le bienvenu mais paraît bien insuffisant à ceux qui ont quelque expérience des réalités de la vie. Il reste à donner corps, contenu, unité et continuité à cet accord pour qu'il ne s'ajoute pas à la liste des belles intentions sans lendemain.

 Le climat politique et le climat météorologique semblent s'être ligués pour compliquer la tâche de ceux qui, chez-nous, voulaient en un tournemain réduire la dette, les déficits, la consommation d'énergie, la production d'électricité nucléaire, l'utilisation de l'énergie carbonée, le chômage, la crise du logement, la vétusté de l'immobilier, l'insécurité, le nombre des pertes humaines, les discordances politiques...

 Les premières idées directrices du plan de relance national inspirent la crainte de voir prendre à rebours la définition de son contenu avant de prétendre en faire un secteur d'activité.

En bonne logique le développement économique commence par la définition d'objets et de services susceptibles d'intéresser des acquéreurs éventuels solvables et déterminés. La production est ensuite lancée, développée et en cas de succès finit par constituer un secteur d'activité . Les résultats risquent d'être médiocres comme le furent en d'autres temps ceux du plan calcul national.

 C'est à l'inverse en fabricant des produits que l'on apprend à les définir et à les construire et que l'on développe des secteurs d'activité nationaux puis européens comme l'industrie aéronautique et spatiale.

C'est en construisant des centrales qu'en partant de la célèbre pile Zoé, nous avons développé notre industrie nucléaire que les panthéistes de l'écologie politique s'acharnent à vouloir démanteler.

 Ceux qui ont quelque expérience de la production et de la distribution électrique connaissent la difficulté d'assurer la disponibilité et la régulation d'un réseau hétérogène.

 Nous savions que certains pays ont massivement misé sur les énergies renouvelables pour produire leur électricité. Les gazettes nous ont relaté les expédients employés ici ou là pour rafraîchir l'atmosphère des logements durant la canicule.

 Faisait-il trop chaud ? Qu'à cela ne tienne. Il suffisait de mettre en marche les climatiseurs. La production solaire devenait-elle insuffisante la nuit ? Il suffisait d'y suppléer en remettant en marche les centrales au charbon . Le bilan carbone attendra qu'il fasse moins chaud pour rafraîchir l'atmosphère !

 Je suis toujours frappé par le caractère irraisonné, déraisonnable et impérieux de la phobie de l'énergie nucléaire.

 Certes cette production n'est pas sans dangers. Mais ses risques sont désormais scientifiquement bien connus et maîtrisés par la compétence des acteurs, la rigueur du partage des tâches et de leur l'exécution, la précision des retours d'expérience, l'intransigeance des contrôles. Que les morts y soient comptés par le monde un par un sur des décennies devrait inciter à réfléchir les dirigeants qui comptent sereinement par milliers en quelques mois les flux de victimes du virus COVID 19.

Et voilà que l'on nous sort, comme d'un chapeau la perspective de produire de l'hydrogène par la filière nucléaire sans dire ce que vont devenir nos centrales !

 La sagesse et la science devraient conduire l'Europe à se doter d'un programme énergétique commun dans lequel l'électricité d'origine nucléaire aurait une place éminente en tous ses aspects et en toutes les techniques qui la servent.

 Nous vivons des temps difficiles que les tenancier du pouvoir voudraient surmonter par la pédagogie qu'ils assaisonnent mieux qu'ils ne la pratiquent. Ils accréditent ainsi les idées selon lesquelles le peuple serait constitué d'enfants et la gouvernance asservie à la puérilité ou aux despotes.

 La pratique démocratique appelle la formation scientifique et civique de tous les citoyens afin que le peuple souverain soit associé sérieusement aux décisions sérieuses.

 La volonté de procéder à une rénovation massive de l'immobilier par le renouvellement de l'équipement électrique et l'isolation ne paraît pas très réaliste. C'est vouloir transformer villes et villages en un vaste chantier sans disposer des entreprises et des personnels compétents pour le conduire à bonne fin à bref délai.

 En toutes affaires humaines, il faut cumuler le temps des intentions, le temps des études, le temps des décisions, le temps des approches, le temps d'initiation, le temps d'exécution. Et il vaut mieux ne pas confondre le temps politique et le temps des amours.

 

Pierre Auguste

Le 9 septembre 2020