Immigration

Le temps des révisions.

Le monde entier est atteint par un méchant virus. Les devanciers les mieux couronnés de ce perfide sont ravalés au rang de simple rhume des foins.

Nous vivions tranquillement confinés en notre appendice géographique que le monde entier nous enviait. Le pays avait même recommandé à ses enfants de s'expatrier pour apprendre aux autres à vivre. Nos enseignements ne furent pas appréciés de tous. Ils suscitèrent en retour des vocations pédagogiques qui dérogent à notre goût.

Nous voilà sommés de vivre, de penser et d'agir autrement afin de ne fâcher quiconque . Quels que soient les confins et les mœurs des pays qui nous les envoient, chacun entend continuer à voir midi à son ancienne porte, à parler son ancien langage, à penser selon ses anciennes ornières, à prier ses anciens Dieux, à se nourrir selon ses anciens rites, à honorer ou châtier les siens et les siennes selon ses mœurs anciennes

Voici donc le début de la fin de l'année scolaire. Et avec elle le temps des révisions. Et tout est à réviser.

Maîtres, apprenants, sachants et ignorants, tous comme on dit, ont du pain sur la planche. Il va falloir du bois, de la farine et des biceps. Faisons comparaître le gestionnaire pour qu'il nous présente l'état des stocks.

D'aucuns ont déjà commencé à reconsidérer l'esclavage. Mais dans la précipitation, ils ont déjà omis quelques menus-faits de cette longue histoire. Excusez-moi du peu mais il faudrait tout recommencer en évitant de confondre politique et police, culte et culture.

Les déboulonneurs de statues et les ré-écrivains d'histoire ne semblent pas encore savoir qu'ils ne sont pas les premiers à se livrer à ces exercices.

En corollaire toute l'histoire de l'humanité serait non seulement à réécrire mais à « rejouer ».

Il faut d'abord demander à tous ces fins illettrés d'organiser les obsèques de l'histoire conçue et nourrie comme une science. Un monde globalisé comme devient le notre, ne saurait survivre à l'écriture d'une « histoire consensuelle » condamnée d'avance à massacrer ses minorités.

L'histoire se déroule et se joue de nous, continûment, partout, en même temps.

Elle n'est jamais globale et objective, rarement de première main.

Allons enfants, méfiez vous des ré-écrivains et réviseurs d'histoire.

Pierre Auguste

Le 24 juin 2020