Immigration

Division du travail et multiplication de l'emploi 

 

Les candidats aux responsabilités sont toujours tentés par les rêves des démons. Et par les démons du rêve.

Après bien des tâtonnements durant lesquels chacun fait le contraire de qu'il a promis, les dieux de la gouvernance en viennent à imposer quelques impératifs des réalités.

C'est ainsi qu'avec l'avènement de l'ère, dite moderne, deux pratiques contradictoires ont longtemps régi la répartition du travail et des emplois. Par la division du travail et la spécialisation la société espérait promouvoir la prospérité économique, le progrès des techniques, la paix sociale. Elle y parvenait dans une assez large mesure grâce au développement de la société et à l'éveil des intelligences par l'instruction

Le libre jeu de la compétition, de l'émulation de la sélection, de la responsabilité, ont longtemps été les moteurs de l'acquisition de l'élévation des qualification, des progrès scientifiques et techniques, des niveaux culturels.

Certes, il y avait alors, ici ou là, quelque contestation et même quelque révolution rétrograde. Bon an mal an, le vaisseau social tenait la mer malgré le scorbut dont on finit par trouver la cause et malgré les naufrageurs, qu'aujourd'hui comme hier, ils veulent considérer comme des mythes.

La France se flatte d'être un pays ouvert à l'immigration. Les bonnes âmes veulent y voir une source de richesse. Le réalisme commande certes de considérer que de larges parts des nouveaux venus ont su s'intégrer par une réussite professionnelle, économique, sociale, citoyenne.

Il est toutefois impératif de ne pas amalgamer avec ces réussites les échecs patents que nous devons à notre inaptitude à assumer nos obligations. Plus que jamais, il faut aussi combattre sans faiblesse toute volonté de nouveaux citoyens de s'opposer à tout enseignement, à toute culture, à toutes lois qui n'ont pas l'heur de plaire aux leaders d'opinions qui entendent subordonner les lois de la Républiques à des considérations religieuses.

Le fractionnement du savoir et des savoir-faire est une grande tâche qui se situe au carrefour des métiers et des enseignements. Les spécificités et les spécialisations nécessitent à la fois une certaine stabilité pour assurer de bonnes transmissions intergénérationnelles de la connaissance. Mais elle requiert aussi une évolutivité certaine car la connaissance est un univers en expansion continue.

Ce ne sont pas les péripéties que nous vivons sur le virus, qui épouvante le monde et épuise le personnel soignant, qui nous feront changer d'avis.

Et pour corser les difficultés il faut compter avec les aptitudes, les appétences, les engouements de l' « oisive jeunesse à tout asservie » .

Chacun connaît cet aphorisme selon lequel « la spécialisation consiste à savoir de plus en plus de choses dans un domaine toujours plus petit si bien qu'on finit par tout savoir sur rien. »

Mais nos plus belles écoles généralistes ont la charge de produire nos plus belles têtes généralistes. Elles apprennent de moins en moins de choses dans des domaines de plus en plus vastes si bien qu'on y finit par ne rien savoir sur tout. Et le juste milieu est toujours ailleurs.

 

Pierre Auguste

Le 25 novembre 2020