Réforme

Évolution énergétique 2/3-Bien définir les risques et les précautions

Des gens plutôt littéraires habitent le haut du pavé politique et médiatique. Leur propension naturelle est de vouloir tout régenter et tout expliquer. Ils seraient bien inspirés d'interroger leur ministre désormais chargée des questions énergétiques.

De formation scientifique et dirigeante expérimentée, elle paraît avoir été bien choisie. On peut espérer que grâce à elle nous allons pouvoir réduire notre consumation de ministres en charge de l'énergie. Il faut en effet être résolument indépendant des lobbies commerciaux et de toutes les variétés du lobby de l'écologie doctrinaire pour juger rationnellement les questions ardues que posent les temps énergétiques nouveaux. Tant par le temps qu'il fait que par le temps qui passe.

Quiconque est quelque peu habité par la curiosité sait que les motoristes sont toujours en quête d'améliorations et que le cycle de Beau de Rochas est une merveille méconnue qui n'a pas dit son dernier mot. Je ne crois pas me tromper en disant qu'il a encore de beaux jours devant lui.

La presse fait état de la mise en service prochaine de moteurs nouveaux qui seraient les doubles héritiers du moteur diesel et du moteur à essence. (Taux de compression élevé et variable en fonction de la charge du moteur, Allumage commandé, Rendement proche de celui du diesel, Faible consommation, faible taux d'imbrûlés, Faible production d'oxydes de carbone de CO et de CO2, Faible production d'oxydes d'azote, NO, NO2 et NO3, Faible émission de particules.) Bref, ce moteur aurait eu tout pour plaire aux écologistes si c'était eux qui l'avaient inventé.

Cette information va sans doute relancer le débat sur la fin de la commercialisation des moteurs thermiques annoncée pour 2040.

L'amélioration du cheval vapeur gagnera sans doute de vitesse l'amélioration de l'immobilier. Comme on dit quand on se voue à l'amélioration de la race chevaline, il n'y aura pas photo ! Les paris restent à ouvrir pour assurer les financements.

Un vaste champ d'action se présente à notre ministre pour refondre les plans gouvernementaux relatifs à l'évolution énergétique tant dans leurs contenus, dans leurs financements et dans leur calendrier que dans leur cohérence. Il y a fort à faire pour que les évolutions énergétiques puissent « tenir la route »

La formation polytechnicienne est une bonne préparation pour convaincre la classe dirigeante laquelle ne brille guère par sa culture scientifique et technique.

Quand les élites auront pris le parti de s'instruire, le plus dur restera à faire. Il faudra d'abord que les communicants s'instruisent eux-mêmes ce qui est difficile quand on croit tout savoir. Et il est plus difficile encore pour les foules de se laisser instruire. Elles ont toujours mieux à faire.

L'approche scientifique, technique, économique, financière et sociale doit être complétée par une approche « cindynique » et « riscologique » rigoureuse qui devrait remettre à sa juste place l'énergie nucléaire qu'il paraît irresponsable et inconsidéré de vouloir démanteler.

De quel droit déciderions-nous aujourd'hui de priver, de manière irréversible, les générations futures de ressource et de sources d'énergie quelles qu'elles soient ?

Une analyse comparative précise des risques, des dangers de ses projets, et des précautions qu'ils requièrent, éviterait à l'humanité de sombrer à terme dans l'obscurantisme agressif qui la menace.

On se rassurerait sur les risque du nucléaire national en comparant le nombre de personnes qu'il a fait périr avec celui des autres modes de production d'énergie. Pour faire bonne mesure, remarquons que les lourdes fautes humaines commises ailleurs ne nous obligent nullement à les reproduire chez-nous !

L'avenir énergétique passe par l'intelligence, la culture scientifique, l'évaluation des risques, la maîtrise du confinement, la discipline professionnelle, la rigueur d'exécution, la fiabilité, la redondance, le contrôle des systèmes et des réseaux, la sécurisation des sources, la gestion de l'eau, le retour d'expérience...

Que ceux qui ont appris tout cela à l'école lèvent le doigt !

Comme il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, nous devrons y revenir.

Pierre Auguste

Le 9 octobre 2019